Chapitre 1 - Partie 1

« Ambre, Aurore, vous allez être en retard ! »
« Dis ça à Aurore, moi je suis prête depuis plus de vingt minutes », rectifia Ambre en passant devant le porte de la cuisine, où sa mère finit de prendre son petit déjeuner.
Les deux soleils se lèvent sur Céstède, capitale d'Eclydéa, faisant disparaître une à une les étoiles scintillantes, derniers vestiges de la nuit. Comme tous les matins, Aurore contemple ce spectacle depuis son balcon...
« Aurore, si tu ne te dépêche pas, ta s½ur et toi serez encore en retard au cours de civilisation galactique. »
« Mais c'est si beau maman ! », s'indigna t'elle.
« Dépêche-toi ! », cria Ambre du bas de l'escalier.
« Vous êtes insensibles ! Vraiment irrécupérables ! », Soupira Aurore, « C'est bon, j'y vais ! », Lança t'elle à l'attention de sa s½ur, avant de s'habiller en vitesse.
Dix minutes plus tard, nos deux demoiselles passaient la porte de la maison.
« Bonne journée mes anges, soyez sages ! »
« Toi aussi maman ! », répondirent-t-elles en c½ur en s'éloignant d'un pas pressé.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:12

Chapitre 1 - Partie 2

Ambre et Aurore étaient les deux princesses du monde d'Eclydéa. Ce monde éloigné de seulement quelques quatre milles années lumières de la Terre, sur laquelle vous vivez, et, pourtant si différent. Sur cette étoile que vous autres terriens considéreriez comme illusionniste, ou avant-gardiste pour les plus ouverts, rien n'est figé, tout est en perpétuel mouvement, y compris la nature elle-même, pour s'adapter aux besoins des êtres qui y vivent. Certains eclydéens, rares et très sages, possèdent même le pouvoir de changer à leur guise la configuration de la planète. Bien sur, pour contrôler les excès, ce pouvoir fut bridé il y a très longtemps et un conseil fut créer pour qu'ils puissent ensemble se concerter sur les utilisations judicieuses de ce don. On appela ce conseil le Conseil Élémentaire, du fait que pour parvenir à leurs fins, ces sages doivent impérativement savoir commander aux éléments. Ou encore Premier Conseil, en raison de la date de leur création.
Ce conseil fut désigné pour être le représentant des Résidents, l'un des deux « peuples » de ce monde. Ce sont les eclydéens qui habitent de façon permanente sur la terre ferme et font vivre Eclydéa. Ils produisent la nourriture, entretiennent les villes, élèvent les animaux de compagnie, développent le divertissement... Ils s'occupent de la planète pendant que les Explorateurs, second « peuple » d'Eclydéa, s'occupent de ce que vous considéreriez comme de la politique extérieure, mais à échelle universelle. Ils ne se rendent que très rarement sur la planète et lorsqu'ils le font, c'est dans l'unique but de faire le rapport de leurs découvertes et de l'avancée de leurs missions. Cette dernière consiste à sillonner l'univers à la recherche de nouveaux astres et de nouvelles civilisations avec lesquelles s'allier. La famille royale faisant partie de ceux là, représente leur voix au gouvernement, dans ce que l'on appela le Conseil Royal, ou Second Conseil.
Le mot « peuple » ne convient pas réellement car qui parle de peuple dit que l'on y appartient de naissance, or seul les membres des deux conseils ne sont pas autorisés à choisir celui duquel ils veulent faire partie. Tous les autres apprennent des notions sur les deux modes de vie jusqu'à l'âge de cinq ans, afin de pouvoir faire leur choix et de recevoir ensuite, pendant dix ans, l'enseignement de la fonction qu'ils exerceront toute leur existence. D'autant que nous vivons plus vieux que les terriens, en moyenne jusqu'à deux cent ans. Même si l'on prétend que les membres du Conseil Elémentaire en ont plus de cinq cent, et que c'est de là qu'ils tirent leur sagesse.
Pour en revenir à Ambre et Aurore, âgées de seulement quinze ans, elles étaient destinées à devenir Exploratrices du plus haut rang, ce qui leur correspondait parfaitement. Depuis toujours elles étaient bercées par les contes des autres peuples et rêvaient de découvrir à leur tour de nouvelles cultures et de nouveaux mondes. C'est pourquoi elles fréquentaient l'Ecole des Maîtres Explorateurs, dans laquelle elles apprenaient depuis dix ans la discipline, l'art du combat, la culture et l'histoire de autres peules et du leur, différents sports ainsi que l'art de la diplomatie. C'était leur dernière année sur les bancs, à la fin du mois auraient lieu les examens et elles devraient les réussir pour accéder enfin à l'apprentissage en temps réel. Cela consistait à se voir rallier à une équipe pour être formé sur le terrain par un Maitre Explorateur pendant six ans. Ensuite, elles seraient libres et aptes à fonder leur propre unité. Mais avant cela, il fallait qu'elles arrivent à l'heure au cours d'Histoire Galactique, sans quoi elles risquaient des points perdus à l'examen, ce qu'elles ne souhaitaient ni l'une, ni l'autre. C'est pourquoi elles parcoururent au pas de course les derniers cents mètres qui les séparaient encore de leur salle de classe.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:13

Chapitre 1 - Partie 3

« Tu vois, on est à l'heure. », remarqua Aurore alors qu'elles entraient à bout de souffle dans la pièce circulaire aux murs recouverts de projections d'autres époques sur d'autres astres.
« Ouais, après tout on a juste eu à courir plus vite qu'une licorne », ironisa Ambre en s'asseyant à côté de sa s½ur.
« Que tu es rabat joie ! C'est bien toi qui disait que tes cours d'entrainement physique étaient dérisoires l'autre jour non ? »
« Mesdemoiselles, votre discussion m'a l'air des plus passionnantes, mais je suis certain que vous pourrez la terminer lorsque mon cours aura pris fin. A moins que vous ne préfériez sortir ? » Elles étaient tellement absorbées par leur dispute, que les deux s½urs n'avaient pas entendu entrer Mr Nileo, leur professeur. « Bien, maintenant que ces demoiselles sont avec nous, nous allons pouvoir aborder le XVIème siècle de Soranne... ».
Ce cours étant le seul que les jumelles avaient en commun, elles se donnèrent rendez-vous devant la grille de l'école pour rentrer ensemble à la maison.
Ambre était grande et athlétique, sa silhouette musclée faisait d'elle quelqu'un d'impressionnant et une adversaire tout à fait redoutable. Elle appréciait tout particulièrement le combat à mains nues ou en armes courtes et les efforts courts et vifs. C'est pourquoi elle suivait une formation plus axée sur la défense des bâtiments d'exploration plutôt que sur l'attaque de bâtiments hostiles. Ses yeux verts lui donnaient un regard profond qui marquait l'affirmation de ses positions, ses cheveux bruns, mi-longs et bouclés, étaient toujours relevés dans une queue de cheval afin de ne pas obstruer ses mouvements. Sa capacité à intégrer les langues et ses aptitudes à la persuasion faisait d'elle une excellente diplomate lors de conflits. Elle savait s'imposer mais n'aimait pas avoir à se justifier de ses actes, elle serait parfaite dans le rôle de chef de troupe, et ses cours la formaient à ce poste.
Aurore en revanche, suivait une formation de diplomate qui lui permettrait de rentrer dans d'élite des combattants. Sa finesse dans le maniement des armes de précision ainsi que de lames, sa souplesse dans le combat à mains nues, sa rapidité dans les man½uvres et sa vivacité d'esprit faisait d'elle une véritable élite. Tout comme sa s½ur, elle retenait les langues avec beaucoup de facilité, mais son atout majeur en diplomatie était sa capacité à faire entendre qu'elle détenait la meilleure solution qui puisse être proposée, en argumentant pendant des heures s'il le fallait. Ses longues boucles blondes toujours coiffées de manière improbable et ses grands yeux bleus, auxquels elle ajoutait son charme naturel, terminait de convaincre les indécis. Bien que fort différentes, ces deux jeunes filles avaient en commun les clefs de la réussite : courage, intelligence et grand c½ur. Cela les destinait peut être à un grand avenir, mais ne leur donnerait pas les examens de fin d'année. Et ce soir là, c'est exténuée qu'elles se retrouvèrent à l'endroit convenu pour faire ensemble le chemin du retour.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:14

Chapitre 1 - Partie 4

« Alors ce nouvel arc, il tire mieux que l'ancien ? » demanda Aurore à Ambre pour briser le silence dans lequel elles marchaient depuis bientôt cinq minutes.
« Tu as fait des merveilles ! Tu serais toi-même surprise de voir à quel point il me va bien ! Je suis quasiment sure que je pourrais te battre avec celui-ci ! » Aurore avait toujours été meilleure que sa s½ur avec les armes de précision, et le tir à l'arc était sa spécialité. Pour progresser dans cette discipline, il n'était pas rare qu'Ambre lui lance un défi, même si à chaque fois, c'était un échec.
« On fera un essai en arrivant si tu veux...mais ne te berce pas trop d'illusions... J'ai encore perfectionné et mon arc et mes tirs hier. », La taquina Aurore.
Le reste du trajet fut occupé de discussions endiablées sur les cours et leurs futurs respectifs, ainsi que de chamailleries fraternelles. C'est donc en riant qu'elles passèrent la porte du château.
« Maman ? On est rentrées ! », Cria Ambre. Mais aucune réponse ne lui parvint. Elle allait réitérer quand sa s½ur lui mit une main devant la bouche pour l'en empêcher.
Quelque chose n'allait pas. La maison était calme, beaucoup trop calme. D'ordinaire, elles étaient accueillies par des domestiques qui leur disaient de ne pas garder leurs chaussures sales, qu'elles devaient vite monter faire leurs devoirs et d'autres consignes, dont elles ne tenaient en général qu'à moitié compte. De plus, depuis qu'elles avaient passée la grille d'entrée du parc, Aurore n'avait vu aucun des gardes de la famille, les Archanges, patrouiller où que ce soit. Elle s'était dit que peut être ils étaient sur d'autres secteurs, mais elle commençait à redouter quelque chose. De plus, son sixième sens de combattante aguerrie lui indiquait qu'elle devait se tenir sur ses gardes.
Elles déposèrent leurs sacs dans un placard, en les camouflant avec des vêtements puis, à pas feutrés, avancèrent dans la maison. Chacune d'un côté du grand couloir central, elles vérifiaient chaque pièce devant laquelle elles passaient. Toutes étaient désertes. Ambre commençait à ressentir elle aussi le danger, elle aurait voulu courir dans toute la maison, crier que quelqu'un donne signe de vie quitte à devoir se battre. Elle était une excellente combattante et elle le savait, mais elle n'était pas stratège, comme sa s½ur, elle préférait foncer dans le tas, à l'instinct. De peur, elle devait bien se l'avouer, de renoncer si elle réfléchissait trop longtemps. Aurore au contraire, pensait tous ses mouvements, assurait chacun de ses pas, et passer ses heures libres à échafauder les stratagèmes les plus efficaces pour tromper la vigilance des Archanges, lorsqu'elle voulait sortir du château en pleine nuit. Jusque là, elle ne s'était encore jamais fait prendre, et Ambre plaçait une confiance absolue dans ses décisions. C'est pourquoi elle s'abstint de courir jusqu'à entendre enfin du bruit.
En arrivant devant la salle d'arme, Aurore fit signe à Ambre d'entrer, une fois à l'intérieur, elles s'équipèrent comme si elles allaient en cours de combat, d'attaque et de défense. Elles enfilèrent leurs armures de sérénite grise – ce matériau, plus léger que de la soie, était aussi plus résistant que le plomb ou l'acier – puis Ambre pris deux petits poignards, qu'elle accrocha l'un à sa taille et l'autre à sa cheville, ainsi qu'une corde faite de la toile très résistante d'une variété d'araignée que l'on ne trouve pas sur Terre. Elle allait prendre son arc quand Aurore lui fit signe que ce n'était pas la peine, elle avait elle-même son propre arc et ses flèches étaient bien plus redoutables que n'importe quelle autre arme. Elle avait aussi, passée dans son fourreau, un sabre légèrement courbé, qu'elle s'était elle-même forgé en alliage de sérénite grise et d'or blanc, pour lui donner une plus jolie couleur.
Elles sortirent de la salle d'arme ainsi équipées et continuèrent leur exploration, guettant le danger à chaque intersection, à chaque porte, à chaque pas. Tout était désert, même Salgo, le chat à deux têtes qui venait se blottir dans leur bras tous les soirs pendant qu'elles travaillaient, restait introuvable. Elles arrivèrent finalement au dernier étage, c'était là que se trouvaient les salles de réunion, en théorie, elles n'avaient pas le droit de monter jusque là, mais elles avaient toujours été extrêmement curieuse, et l'un des stratagèmes infaillible d'Aurore avait eu raison de cette interdiction, quelques années auparavant. C'était donc la seconde fois qu'elles s'aventuraient dans ce couloir, elles redoublèrent donc de vigilance, afin de conserver le temps de fuir car elles n'avaient aucune idée des endroits où elles pourraient se cacher s'il le fallait. Elles n'eurent pas à aller bien loin, des bruits émanaient de l'une des premières salles de réunion. Elles s'avancèrent jusqu'à entrevoir de la lumière, puis s'approchèrent de la porte aussi silencieuses que deux félins guettant leur proie. Ambre entrouvrit très légèrement la porte, leur permettant d'observer l'intérieur. L'immense salle était en pleine effervescence, tout le monde était là, les domestiques étaient plongés dans une discussion enflammée qui semblait les inquiéter au plus haut point, alors que les Archanges s'affairaient nerveusement autour des portes et des fenêtres en regardant frénétiquement dehors.
« Aurore, tu crois qu'ils vont nous voir ? Ou nous entendre ? » Demanda Ambre. Elles avaient récemment appris la technique qui leur permettrait de communiquer par la pensée, et elles excellaient lorsqu'il s'agissait de discuter entre elles. Mais pour l'instant, elles étaient incapables de dire combien de temps elles tiendraient sans se faire repérer.
« Pas si on fait attention. » lui répondit Aurore.
« A ton avis, qu'est ce qu'il se passe là-dedans ? »
« Je ne sais pas, mais une réunion pareille ne doit pas être anodine, j'ai même cru voir une des membres du Conseil Elémentaire tout à l'heure. C'est étrange je n'avais jamais vu une réunion aussi hétéroclite... »
« C'est vrai que tous le monde semble avoir été convié aujourd'hui, et puis, tous les Archanges ont du quitter leurs postes au même moment... Tu pense qu'on pourrait entrer ? »
« Pas tant que l'on ne sait pas ce qu'il se passe. » Aurore était sure d'elle et Ambre prête à la suivre. Elles attendirent donc que les choses deviennent plus claires.
« Regarde ! », héla Ambre dont le regard était rivé sur un homme qui venait de se lever pour prendre la parole. Elles l'observèrent attentivement, il était grand, chauve, et contrairement aux autres, il ne travaillait pas au château, et n'y avait sans doute jamais mis les pieds avant aujourd'hui. Les deux s½urs ne l'avait jamais vu, à moins qu'il ne soit venu uniquement lorsqu'elles étaient absentes, mais c'était peu probable, puisque tous leurs horaires étaient aléatoires. Pourtant, tout le monde semblait le connaître dans la salle, même les Archanges ne se méfiaient pas vraiment de lui, c'était étrange, mais il paraissait respecter par son auditoire. Lorsqu'il fit signe à l'assemblée de s'asseoir, tous obéirent et il attendit le silence pour commencer à parler. Cet homme avait l'habitude des discours, cela ne faisait aucun doute.
« Tu le connais ? » demanda Ambre à sa s½ur.
« Je ne sais pas, mais son regard est effrayant, on dirait presque qu'il n'a pas d'âme... » Ambre regarda Aurore et cru percevoir une expression de peur pendant une seconde. Non elle était certaine d'avoir lu de la peur dans les yeux de sa s½ur pour la durée d'une seconde, mais c'était impossible. Depuis quinze ans elles faisaient tout ensemble et jamais, non jamais, Aurore n'avait manifesté de signe de peur. Tout juste de l'appréhension, et encore, il fallait que la situation soit vraiment dramatique. Ambre l'avait toujours admirée pour son sang-froid. Elle aussi était courageuse, mais avant chaque combat, elle avait peur, et cela se voyait pour qui savait regarder, elle ne possédait pas la retenue de sa s½ur, ce qu'elle ignorait, c'est que de son côté, Aurore enviait cet expression d'humanité qu'était la peur avant un combat. Car c'était cette même humanité qui pouvait faire hésiter à voler une vie, mais elle, elle avait été formée pour devenir une meurtrière professionnelle, et ces vies avaient beau être des menaces, elle aurait préféré ressentir quelque chose en les détruisant.
« Mes chers amis, » commença l'inconnu d'une voix mielleuse qui ramena les jumelles à la réalité, « Aujourd'hui nous avons tous connu un drame terrible et je compatit à la douleur qui doit être la votre. Je sais que pour vous qui la connaissiez si bien, cette nouvelle est difficile à croire, mais notre reine est décédée ce matin des suites d'un terrible accident. – un murmure parcouru la salle mais fut rapidement balayé par un geste de l'orateur – Il n'est pas simple pour moi de vous annoncer ce qui va suivre, car je sais à quel point vous respectiez Constance. »
La seule chose qui faisait que les deux petites espionnes cachées derrière la porte ne s'effondraient pas, était le désir de savoir comment leur mère, qui était la meilleure combattante qu'Eclydéa n'ait jamais connu, avait pu succomber « des suites d'un accident ». Ambre était au bord des larmes mais Aurore faisait tout pour rester concentrer et mettre sa peine de côté, elle savait que si elle craquait, sa s½ur la suivrait, et plus elle observait cet homme, plus le danger qu'elle pressentait s'accentuait en elle. Elle devait encaisser le choc et tenir, au moins jusqu'à ce qu'elle soit sure qu'elles ne risquaient plus rien.
« Vous n'êtes pas sans savoir que depuis quelques temps, un traitre avait infiltré les forces armées d'Eclydéa, un enquête a donc été ouverte afin de trouver ce traitre et de le faire comparaitre. Et vous n'ignorez pas non plus que Constance voulait, plus que tout autre découvrir l'identité de celui qui menaçait la sécurité de son monde. Alors lorsque nous avons appris la nouvelle de son décès, tous nos espoirs de voir bientôt cette personne arrêtée furent anéantis. Mais en poussant plus loin nos recherches sur le lieu de l'accident de la reine, nous avons trouvé toute une série de documents qui ne laissent aucun doute sur le sujet, Constance était le traitre. » Le murmure qui s'était peu à peu instauré devint vacarme et l'homme se rassit pour attendre que le calme revienne. Mais les deux s½urs n'écoutaient plus, elles étaient comme ahuries, elles ne pouvaient pas croire ce qu'elles venaient d'entendre. C'était inimaginable ! Qui croirait de telles horreurs ? Elles savaient tout de leur mère, jusqu'à ses plus impardonnables erreurs, et elles savaient que ce qui venait d'être énoncé ne pouvait être que faux, comment cet inconnu osait t'il salir ainsi la mémoire de leur mère, quelques heures à peine après son décès ? Et après de pareilles élucubrations, Ambre et Aurore commençaient à se demander sérieusement si l'annonce de la mort de leur mère n'était pas un autre mensonge. Le calme était à peu près revenu, tant dans la salle que pour les nouvelles propriétaires de la demeure, lorsque l'homme repris la parole.
« Il est évident que nous ne pouvons laisser les Explorateurs sans voix au gouvernement et qu'il faut renommer un chef des Anges. Je tenais à vous l'annoncer avant tout autre chose car cela vous affectera tout particulièrement... » Il fut interrompu par une femme d'un certain âge qui se leva.
« Voulez vous dire que vous désireriez nommer une sorte de gérant, dans l'attente de la fin de la formation des princesses ? » C'était la voix d'Aora, elle était de dos, mais les deux jeunes filles reconnurent sans peine la nourrice qui les avait toujours choyées et instruites.
« Vous comprendrez, j'en suis sûr, que nous ne puissions prendre le risque de mettre au pouvoir des enfants si jeunes et peut être corrompues par les desseins de leur mère. » Il dut élever la voix pour finir sa phrase. « J'en suis sincèrement désolé, croyez le bien, mais lorsque vous verrez les princesses, il faudra les livrer aux Archanges afin de nous assurer qu'elles ne trahiront pas les intérêts de notre monde. » Il dut presque crier pour faire entendre sa justification « C'est une simple mesure de précaution, j'espère que dès que nous aurons fini les tests, elles pourront faire leur deuil et prendre la place qui est maintenant la leur... » Il ne put terminer tellement le brouhaha réprobateur était dense.
Ambre ne le supportait plus, elle allait entrer et faire un carnage, mais sa s½ur l'attrapa par le bras et l'entraina en courant vers les escaliers qu'elles descendirent quatre à quatre. Elles atteignirent le niveau de la salle d'arme où Aurore poussa sa s½ur avant d'entrer et de fermer la porte à clef derrière elle.
« Prends autant d'arme que tu pourra en porter, uniquement celles dont on sait se servir. » dit-t-elle calmement à sa s½ur en s'exécutant elle-même.
Ambre obéit et prit le maximum d'armes courtes qu'elle pouvait fixer à sa tenue, puis commença à rassembler celles qu'elle trouvait. Aurore avait déjà fixé épées et sabres sur sa propre tenue et récupéré son meilleur arc et rassemblé dans un étui toutes les flèches qu'elle avait pu trouver.
« Non, ne prend rien qui t'encombrerai, juste ce que tu pourras porter » lança Aurore en regardant sa s½ur s'acharner à faire tenir le maximum de lames dans une seule main. Puis elle poussa la petite trappe qui joignait l'extérieur, à condition d'être capable de désescalader cinq étages sur un mur lisse.
Comme elles étaient toutes les deux de très bonnes acrobates, elles atterrirent en bas en quelques foulées vertigineuses. Puis Aurore se dirigea vers les bâtiments les plus éloignées du château.
« Où tu vas, c'est par là la sortie ! » lui hurla Ambre par la pensée.
« Tu compte aller où, à pied, chargée comme un dragon d'Origan ? Et sans eau ni nourriture bien sur ! » Lui répondit t'elle dans un murmure ironique. Le ton était si intransigeant qu'Ambre ne tenta pas de réponse et suivit sa s½ur en direction des écuries.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:14

Chapitre 1 - Partie 5

Les étoiles se lèvent,
Deux ombres se faufilent.
Une troisième, invisible, les suit.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:14

Chapitre 1 - Partie 6

Aurore prépara deux chevaux de bats pendant qu'Ambre récupérait des provisions dans la réserve. A son retour, elle fixa ce qu'elle avait pris sur les chevaux pendant que sa s½ur sellait deux licornes.
« Tu crois qu'on aurait une chance, si l'on devait se battre contre les Archanges ? » demanda soudain Aurore.
« Tu me demande à moi si, honnêtement et de façon réfléchie, on aurait le moindre espoir de se sortir vivantes d'un combat avec les dix meilleurs machines à tuer qu'Eclydéa connaisse en ce moment ? Oh ! Je pense pouvoir dire raisonnablement que même si, par miracle on parvenait à en battre la moitié, on serait tellement exténuées que l'autre n'aurait pas à bouger plus que le petit doigt pour nous tuer d'épuisement ! » Dramatisa Ambre d'une voix désespérée.
« C'est bien ce que je pensais, mais je voulais tout de même ton point de vue. »
Une fois les quatre équidés fin-prêts, elles couvrirent les deux bêtes de bâts de longues couvertures qui masqueraient les vivres et les armes qu'ils transportaient et leur permettraient de dormir au sec et au chaud. Puis elles prirent chacune un manteau et se dirigèrent vers la porte qui leur garantirait une sortie du domaine ni vues, ni connues. Elles l'utilisaient parfois pour rejoindre leur terrain d'entrainement personnel de nuit, entre autre avant les examens. Elles avaient décidé de se rendre là-bas dans un premier temps, personne ne savait où se trouvait se terrain et elles y avaient aménagé une superbe cabane et un paddock pour les chevaux. Le seul ennui, c'était que, pour s'y rendre, il leur faudrait traverser toute la ville. Si l'alerte avait été donnée, elles n'auraient aucune chance d'y parvenir.
Elles allaient pousser la porte lorsqu'elles entendirent quelque chose, c'était vif et discret, mais pas suffisamment pour passer inaperçu. Elles restèrent figées devant la porte, elles osaient à peine respirer de peur qu'un Archange faisant une ronde n'attende de l'autre côté de la porte.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:15

Chapitre 1 - Partie 7

Le silence est maître
Le temps est en suspens
Derrière deux enfants
L'ombre d'un traitre
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:16

Chapitre 1 - Partie 8

« Je vous cherchais » murmura une voix calme et posée.
D'un bond qui effraya les chevaux et faillit de les faire fuir, les princesses se retournèrent, prêtes pour l'affrontement qui leur semblait inévitable. C'était Kaor, Archange et meilleur ami de Constance. Il semblait seul, mais cela ne le rendait pas moins dangereux.
« Pas de panique ! » les rassura t'il toujours d'une voix basse et posée « Je ne suis pas là pour vous arrêter, je vous ai vu vous enfuir de la salle de réunion et je voulais vous retrouver avant les autres. Il faut que vous sachiez que certains Archanges se refusent à croire à la traitrise de votre mère, après tout, elle était avec nous dans tous nos combats, nous la connaissions mieux que quiconque à part vous deux peut-être. De plus, j'avoue être perplexe sur les circonstances de sa mort, pour l'avoir vu à l'½uvre, je sais que jamais rien n'aurait pu la surprendre, alors un accident... Je me doute que vous avez du mal à me croire, et vous avez raison de vous méfier de tout le monde, mais j'ai des informations pour vous, vous ne pouvez pas partir sans les avoir entendues. » Il fit une pause avant de continuer.
Les s½urs se regardèrent, incrédules, puis retournèrent leurs yeux vers cet homme avec lequel leur mère avait risqué sa vie tant de fois et dont elles devaient à présent se méfier comme du plus dangereux dragon. Voyant qu'elles étaient prêtes à écouter ce qu'il avait à leur dire, il reprit.
« Cet homme que vous avez vu là-haut s'appelle Todène. Il est arrivé avec cette nouvelle tôt cet après midi, moi et trois collègues qui ne croyaient pas non plus à son histoire, avons mis ce temps à profit pour faire quelques recherches sur lui. Nous espérions pouvoir aller vous trouver à l'école mais un ordre de surveillance de la salle de réunion a été lancé et aucun d'entre nous n'a pu sortir. Mais venons en au fait, Todène prétend être né ici, à Céstède, mais nous n'avons trouvé aucune trace de lui avant ces quatre derniers mois... » Il arqua une nouvelle pause pour leur laisser le temps d'assimiler les informations qu'elles venaient d'entendre.
Ambre avait peur, et sa confiance en Kaor avait toujours été très relative, malgré l'affection que sa mère lui témoignait. A moins que ce ne soit à cause de cette affection... Mais tous ses doutes se dissipèrent lorsqu'Aurore prit la parole.
« Nous voulons bien te croire, en mémoire de notre mère et de la confiance qu'elle t'accordait. Mais si tu veux nous aider, tu vas devoir nous laisser partir et comprendre que l'on ne t'informe pas de notre destination. » Sa voix était calme, apaisante, et marquait une confiance en soi inébranlable. Et son interlocuteur ne s'y trompa pas, lorsqu'elle fit signe à Ambre de se mettre à cheval, il ne bougea pas et attendit. Elle reprit, après s'être elle-même mise en selle. « Nous ferons nos recherches de notre côté, et découvrirons la vérité. » D'un geste de la main, elle fit apparaître une capuche, qui masquait son visage, puis d'un autre, allongea son manteau jusqu'à ce qu'il couvre la croupe et les flancs de son cheval. Ambre l'imita, et le même phénomène se produisit. « Nous te recontacterons si nous découvrons que tu es digne de confiance. A bientôt Kaor » Et elles talonnèrent leurs montures qui franchirent au petit trot la porte vers le monde extérieur.
« Si vous avez besoin d'aide, je serai là ! » leur lança l'Archange, sans être vraiment convaincu que ses paroles soient entendues, au vu de la distance que les deux jeunes filles avaient déjà prise.

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:16

Chapitre 2 - Partie 1

Avant d'atteindre la ville, il fallait traverser une partie de la forêt de Céstède, car la ville elle-même avait été construite au centre de la plus grande clairière d'une immense étendue d'arbres centenaires. Le château en revanche, se trouvait à l'orée de cette forêt, et ses remparts s'étendaient tout autour de celle-ci, servant de première ligne de défense à la ville en cas d'attaque extérieure. Nos deux fugitives chevauchèrent donc en silence à travers les arbres pendant une bonne partie de la nuit. Elles avaient choisi de passer par les petits sentiers, moins fréquentés à ces heures, et tenteraient de rallier la piste majeure une fois la nuit bien installée. Elles espéraient arriver assez vite pour faire la traversée de la cité de nuit mais la très faible lueur qui transperçait les épais feuillages les contraignait à une allure réduite. Plus d'une fois les chevaux trébuchèrent sur une racine cachée, et il n'était pas rare que l'une d'elles évite une branche basse au tout dernier moment.
Au bout de trois heures de chevauchée, les chevaux commencèrent à avoir soif, il leur fallait trouver un point d'eau rapidement. Et de préférence à l'abri des regards d'éventuels passants. Pour elles aussi le trajet se faisait sentir, la nuit était plutôt chaude et leurs lourds manteaux devenaient étouffants, elles ne se plaindraient pas de pouvoir les enlever. De plus, l'annonce de la mort de leur mère planait sur leur mémoire. Elles ne savaient si elles devaient le croire ou non, mais ce dont elles étaient sures, c'est que tant qu'elles ne seraient pas en sécurité, elles ne devraient en aucun cas laisser la place à un quelconque débordement émotionnel. Malgré la douleur et le doute qui les hantaient, elles devaient rester maîtresses d'elles-mêmes, c'était leur seule chance de vivre assez longtemps pour découvrir la vérité et agir en conséquence. Après tout, elles étaient les nouvelles reines d'Eclydéa, les nouvelles dirigeantes de l'armée des Anges, et de l'intégralité des Explorateurs, il était donc de leur ressort de faire éclater la vérité et de tout faire pour que l'ordre perdurent. Ce sont ces pensées qui les tinrent éveillées malgré la fatigue qui se faisait sentir.
Afin de trouver rapidement un point d'eau, Ambre fit appel à ses pouvoirs psychiques pour localiser un point où l'élément eau était présent. Cette technique particulièrement ardue, était en général réservée aux membres du Premier Conseil. Mais Ambre avait toujours su maitriser l'eau, d'instinct, ce qui ne rendit pas la tache plus aisée cette nuit là, car l'humidité de l'air était telle, qu'elle dû user d'une grande concentration pour repérer l'endroit le plus proche où la densité de l'eau était suffisamment importante pour devenir liquide.
Elles atteignirent, quelques minutes plus tard, un petit ruisseau qui dévalait la pente douce qui menait à la ville. A en juger par la température de l'eau, il devait provenir en droite ligne des montagnes se trouvant plus à l'Est. Elles mirent pied à terre et retirèrent leurs manteaux, respirant avec délice l'air pur que l'eau rafraichissait. La lumière des étoiles se reflétait dans l'eau et sur leurs armures, c'est pourquoi elles firent en sorte d'être entourées par leurs montures. Le reflet de l'eau trouva écho sur les diadèmes qui ornaient leur front. Magnifiques travaux d'orfèvre et de magie, fait d'entrelacs de fils d'or blanc liés entre eux par un enchantement de protection, ces bijoux étaient sertis, en leur centre, d'une perle de Griffon, bleue pour Aurore et verte pour Ambre. Ces pierres sont extrêmement rares, contenues dans certains ½ufs de Griffons, il est quasiment impossible de s'en emparer. C'est pourquoi elles étaient passées au rang de légende. Mais leurs pouvoirs sont immenses, et l'on dit que ceux qui les possèdent sont protégés de la mort elle-même. C'est dans une légende que les deux jumelles avaient entendu parler de ces pierres. Et c'est ainsi que deux petites aventurières avaient escaladé, à l'âge de huit ans, la Montagne des Nids, et après quatre jours de disparition, en étaient revenues, elles seules sachant comment, avec chacune une perle de
Griffon de la couleur de ses yeux. Elles n'avaient jamais révélé à personne la manière dont elles avaient obtenu ces bijoux, et tout le monde l'ignore encore. Ces diadèmes les protégeaient de bien des choses, mais ne les aideraient pas à passer inaperçues, si quelqu'un les voyait. Se refusant à les retirer, elles prirent donc sur elles et remirent leurs chauds manteaux. Une fois à cheval, elles les réajustèrent à leur monture et repassèrent le capuchon. Décidant que la nuit était suffisamment avancée pour se permettre d'emprunter la route principale, elles firent en sens inverse le chemin qui les avait menées au ruisseau et regagnèrent cette route. Une fois dessus, elles purent continuer au trot, et même pousser quelques pointes de galop par endroit. Elles ne croisèrent personne, ce qui ne les dérangea pas outre mesure, et leur rythme de croisière ayant considérablement augmenté, elles avaient bon espoir d'arriver à la cité avant le lever du premier soleil. Et en effet, à peine une heure plus tard, elles arrivaient aux portes de Céstède.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:17

Chapitre 2 - Partie 2

Devant deux hautes portes de bois
Deux inconnues emmitouflées patientent
Derrière les arbres deux yeux guettent impatients
Ces marchandes masquées portant la parure des rois
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 janvier 2009 06:18